L'enjeu de la canalisation du Blavet sur la qualité et la quantité d'eau disponible

Le Blavet alimente en eau des centaines de milliers de personnes.

Le débarrage améliorerait de manière spectaculaire la qualité de l'eau.

Une eau qui courre s'évapore moins, s'auto-épure et s'oxygène. À l'inverse, une eau stagnante se réchauffe, favorise le développement d'éléments qui dégradent sa qualité, voire qui peuvent la rendre dangereuse.

Rendre le Blavet en « eau libre » abaisserait la hauteur du niveau d'eau mais ne modifierait pas le débit.

Le Blavet alimente en eau l'agriculture, l'industrie et les usines d'alimentation en eau potable.

Plusieurs centaines de milliers de personnes consomment son eau.

Il alimente aussi par pompage (à la station du Porzo en Neulliac) le canal artificiel de jonction reliant la vallée du Blavet à celle de l'Oust afin de maintenir en eau ce canal et d'y permettre la navigation.

On consultera avec intérêt le document en annexe « étude hydrologique sur le débit réservé en aval du barrage de Guerlédan ». On y trouve des valeurs qui permettent de mieux se faire une idée. Edf a l'obligation de maintenir un certain débit en sortie du barrage de Guerlédan. Ce débit minimum est de 2,5m3 par seconde (2500 litres par seconde). Il a été régulièrement abaissé par dérogation ces derniers étés secs à 2000 litres par seconde. Le débit réservé de 2,5m3/seconde représente un apport journalier de 216000 m3. Il est à mettre en rapport avec les prélèvements des différentes stations de pompage et les rejets des stations d'épuration. À titre d'exemple, la capacité de pompage de la station d'eau potable de Pontivy est de 10000m3 par jour, alors que la station d'épuration rejette directement dans le Blavet entre 3000 et 8000 m3 par jour. La Société laitière de Pontivy, principale usine consommatrice d'eau pour ses évaporateurs, prélève 3000 à 3200 m3/jour. Ces volumes sont restitués au Blavet en quelques heures. L'étude portait sur la possibilité de réduire le débit réservé en aval du lac de Guerlédan et ses conséquences sur la disponibilité en eau potable. Il faut bien entendre ici qu'il s'agit de la situation d'étiage, en période de sécheresse, et porte bien sur le débit du fleuve et non sur sur la hauteur du niveau de l'eau dans les biefs. Le reste de l'année, le débit du Blavet est très supérieur  (le débit moyen à Languidic est de 56m3/s au mois de février) et il n'y a aucune incertitude sur la quantité d'eau disponible.

Le Blavet reçoit des apports en eau de ses affluents non négligeables. Les apports naturels sur le Blavet entre Guerlédan et Pontivy restent modestes. Plus en aval, les apports de l'Evel, de la Sarre, du  Coet Organ représentent une quantité plus importante.

 

La principale réserve d'eau du Morbihan, c'est le lac de Guerlédan.

Si le fleuve était remis en eau libre, le débit minimum garanti en sortie de Guerlédan serait le même. Le niveau d'eau serait en certaines périodes inférieur à ce qu'il est aujourd'hui et cela pourrait nécessiter des aménagements des capacités de pompage.

Il est faux de dire que le Blavet dans sa forme canalisée, et les canaux bretons de manière générale constitueraient une sorte de « château d'eau horizontal ». Cette idée est avancée par les défenseurs de la navigation sans argument scientifique et ne s'appuie que sur un faux bon sens qui voudrait faire croire qu'un bief rempli d'eau constitue une réserve. En effet, l'eau canalisée peu profonde s'évapore beaucoup plus vite qu'une eau courante car elle se réchauffe plus facilement. Vouloir stocker « horizontalement » l'eau en plein été dans un canal est en réalité contre-productif et diminue au contraire la quantité d'eau disponible. Par ailleurs, l'eau stagnante favorise le développement d'éléments indésirables voire dangereux : l'été, des arrêtés d'interdiction de baignade et de consommation de poissons sont régulièrement pris sur des plans d'eau stagnante, tels le Lac au Duc en Ploermel du fait de la présence de cyanobactéries. À Pontivy, les compétitions de nage en eau libre, ou de triathlon donnent lieu à des analyses de précaution et il arrive que les résultats soient tout juste acceptables.

La qualité de l'eau « brute » : de nos jours, les techniques modernes permettent aux usines d'alimentation en eau potable de fournir une eau de consommation à partir d'eau brute pourtant de qualité moindre. En septembre 2019, le Blavet a été victime d'un déversement important de boues en aval du bassin de compensation en aval du lac de Guerlédan. À quelques kilomètres en aval, sur la commune de Cléguérec, se trouvent sur le même site deux stations d'alimentation en eau potable (Mangoer 1 et Mangoer 2). La pollution survenue alors a entrainé la fermeture de la station la plus ancienne, alors que la station la plus moderne a pu continuer de produire malgré une ressource en eau dégradée. Cet épisode malheureux révèle qu'on ne peut se contenter d'une approche technique de la production d'eau potable. Au delà de la capacité technique des producteurs d'eau potable, le citoyen-consommateur est en droit d'attendre une amélioration de la qualité de l'eau avant prélèvement. Avec une eau brute de qualité, les enfants qui se baignent l'été dans le Blavet seraient plus en sécurité. Avec une eau de qualité dans un fleuve en eau libre, on peut imaginer le développement de toutes sortes d'activités touristiques : kayak en eau libre sans mettre le pied à terre, avec pauses possible sur les plages, baignade en sécurité, etc...

La mise en eau libre du fleuve permettrait une évaporation beaucoup moins importante lors des périodes estivales et apporterait une amélioration spectaculaire de la qualité de l'eau brute.